À midi trente nous sortons de l’appartement. Une dizaine de minutes plus
tard et quelque cinq cents mètres parcourus à pied, nous entrons à la
boulangerie-pâtisserie Horno San Onofre http://pasteleriasanonofre.com au n°3
calle de San Onofre. Elle fut fondée en 1972 par l’intuitive Emilia et son
époux, le visionnaire Daniel Guerrero. Sur l’invitation d’une cliente
attentive, entre deux âges, nous prenons un ticket pour intégrer la file
d’attente. La dame s’aperçoit que l’écran correspondant au défilé des chiffres
est éteint. Les deux tickets sont jetés dans une corbeille à papier positionnée
vers l’entrée pour, ensuite, être récupérés, car l’écran, en étant de marche,
se dévoile autre part à son regard. La totalité des rayonnages est garnie d’une
même sorte de brioche, déclinée dans des tailles différentes. Les douceurs
emblématiques, que les Madrilènes apprécient pleinement, s'adaptent, dans une
ou plusieurs variétés, aux différentes festivités pour chaque période
spécifique de l'année. L’essaim de vendeuses est habillé tout en rose. Quand
notre tour arrive, nous choisissons une brioche nature, colorée et attrayante, qui
revient à environ dix-neuf euros ; le prix varie en fonction du poids. Des
clients choisissent de la faire fourrer avec de la crème, proposée dans
différentes saveurs et tentations gourmandes. Aujourd’hui, ce petit empire de
pâtisserie ravit le cœur et les papilles des Madrileños et des Madrileñas. La
brioche est déposée dans l’appartement. Nous voilà repartis sous la pluie pour
nous rendre au restaurant végétarien Al Natural, situé au n°11 calle de
Zorrilla. En chemin, sur la calle de las Infantas, un véhicule coloré du
service d’urgence Samur est côtoyé. Une dame élégante, le cheveu noir mi-long
impeccablement coiffé, vêtue d’une robe noire en mailles gaufrées, chaussée de
bottines noires, les épaules couvertes d’une étole de fourrure vert sapin,
longe le véhicule en courant sous la pluie. Un long collier en perles blanches
sautille au rythme de la cadence soutenue de ses pas. La calle d’Alcalá est
traversée. Nous arrivons au restaurant au n°11 calle de Zorrilla vers 13h15. Un
jeune homme barbu nous accueille et nous escorte à une petite table pour deux. Le
restaurant, fondé en 1972, témoigne, avec une soixante de plats différents au
menu, que la créativité végétarienne existe pleinement. La salle en longueur offre
aux regards une superbe décoration. Le set de table dévoile des réclames de la première
moitié du siècle dernier à Madrid. Je me divertis à traduire des accroches
publicitaires. Le traducteur sur l’iPhone offre de faciliter la compréhension
de certains mots clefs. Nous savourons une paella végétarienne accompagnée de
pain de seigle et d’une verrine de houmous à la betterave rouge. Un café latte
termine l’excellent repas ludique grâce au set de table. La tasse et la
coupelle en porcelaine viennent d’une fabrique polonaise. Lors du retour à
l’appartement sous la pluie assidue, je vois une voiture de police arrêtée le
long du trottoir sur la calle de Floridablanca. Les deux policiers assis à
l’avant du véhicule pianotent avec application sur leur smartphone. La suite de
l’après-midi se déroule dans l’appartement.
Vers dix-huit heures, nous partons en direction de la calle Lagasca sous
le manteau de la nuit pour nous rendre dans un magasin bio ouvert aujourd’hui.
La pluie maintient son rythme et nos vêtements se mouillent progressivement.
Nous traversons la plaza de Colón où se dévoile une fontaine horizontale
linéaire, habillée de lumières colorées, devant le Fernán Gómez Centro Cultural
de la Villa. Dans le magasin, ma casquette dégouline de gouttes d’eau. Je la
plie dans un sachet en papier. Une jeune employée ferme un contenant plastique,
récalcitrant, rempli de dattes Medjool, en collant l’étiquette du prix. Un
jeune homme barbu nous accueille à la caisse. La pluie nous escorte aussi pour
le retour. A un passage piéton, je vois un parapluie noir ouvert dont le manche
est enfilé dans une poubelle. Après un coup d’œil alentour, je récupère l’objet
providentiel qui est défectueux. Toutefois, je parviens à me protéger de la
pluie en tenant haut ma main sous la toile. Nous sommes de retour chez nous vers
dix-neuf heures trente. Lors du dîner, la brioche de l’Epiphanie émerveille les
papilles gustatives…
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