vendredi 2 mars 2018

L'éternel lecteur de Madrid...

Il fait maintenant partie du paysage urbain de Madrid. Souvent ignoré des piétons perdus dans leurs pensées, il vit dans son éternité au pied d’une des façades en pierre gris clair du Palacio De Los Vargas sur la plaza de la Paja. Il surprend encore André qui le regarde souvent de la fenêtre de chez El Estragon quand ils déjeunent dans le restaurant végétarien avec Patrick. Sa silhouette, assise sur un banc en pierre attenant au mur, à peine perceptible pour le quidam distrait, peut être confondue avec un être vivant. L’œuvre de Félix Hernando, en bronze réalisé sous la technique de la cire perdue, s’attache au cœur du garçon qui se demande si les objets inanimés ont une âme, qui s’attache à son âme par la force d’aimer. Le mime, éternel tant que l’Homme vivra, lit un journal avec un regard naturel. Le Lecteur de la Place de la Paja réside à temps complet sur ce banc de granite, sa demeure depuis sa naissance en 1998. Dans ce cadre empreint d’histoire, cet être immobile reste absorbé dans sa lecture , sans regarder les bâtiments qui veillent sur lui en faisant son éloge. Prévoyant avec son maillot noué sur ses épaules, les pieds chaussés d'une paire de mocassins élégants, l’homme de bronze médite peut-être sur les propos contenus dans le journal qui l’accompagne à jamais dans sa bulle temporelle. André s’approche de son ami. Il se penche sur son épaule pour lire une phrase sur le haut de la page ouverte : « Entre tous nous réhabilitons Madrid. » Un message énigmatique qui invite à réfléchir pendant qu’il retourne avec Patrick dans leur chez eux à Madrid…






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire